Église Saint-Pierre-ès-Liens


Dans le cadre du Circuit Mazetier proposé par l'Office de Tourisme Cœur de Picard de Chauny,

l'Église Saint-Pierre-ès-Liens de Blérancourt sera ouverte en visite libre

les samedi 13 juillet, 10 août et 14 septembre,

de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00 !


L’Église Saint-Pierre-ès-Liens de Blérancourt fut construite aux alentours de 1537,

sous l’impulsion de Guillaume Lanvin, seigneur de Blérancourt et écuyer du roi.

 

Bâtie sur l'emplacement d'une église plus ancienne du XIIème siècle,

elle a subi des transformations successives. De l’église primitive, il ne reste plus que la nef et le chœur. Les bas-côtés ne furent construits qu’en 1620, à l’initiative de Bernard Potier, marquis de Blérancourt, et de son épouse Charlotte de Vieux-Pont.

 

En 1740, le chœur est réaménagé : on y crée deux niches ouvragées dans l’épaisseur des murs,

de part et d’autre du maître-autel.

De chaque côté de ce sanctuaire se trouvent deux chapelles :

celle de gauche est dédiée à la Vierge Marie ; celle de droite, anciennement consacrée

à Saint François de Sales, est aujourd’hui dédiée au Sacré-Cœur.

 

Non loin de là, sur le flanc sud de l’édifice, se trouve une ancienne tourelle circulaire

transformée en chapelle Saint-Joseph. Elle abrite toujours les anciens fonts baptismaux,

de forme octogonale, qui sont encore utilisés de nos jours pour la célébration du baptême.

 

On remarquera à l’extérieur de l’édifice le magnifique portail de style Renaissance, au décor très riche. Achevé en 1537 (comme l’indiquent deux inscriptions de part et d’autre de ce dernier),

il est surmonté de deux blasons qui ne sont autre que ceux des de Lanvin et des de Sanguin, commanditaires de l’édifice.

 

L’église a souffert durant la Première Guerre Mondiale, et a subi de nombreuses dégradations

dues aux bombardements du village. Toutes ses verrières disparurent, sa toiture s’effondra

et le flanc sud fut gravement endommagé. Sa reconstruction fut confiée aux Beaux-Arts,

qui s’appuyèrent sur les dons de nombreux mécènes, parmi lesquels on compte

la ville de Port-Louis (Île Maurice).

 

L’église est classée à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1921.

 

Avant de quitter les lieux, rendons hommage à Miss Anne Murray Dike qui, suivant son souhait,

fut inhumée dans le village, le long du flanc nord de l’église.

La tombe de la Présidente du Comité Américain pour les Régions Dévastées,

placée entre deux contreforts, est tournée vers le Château, comme une ultime référence

à son œuvre sociale. Une plaque commémorative scellée dans le mur de l’église

rappelle son engagement.

 

Visites Groupes & Scolaires

Les éléments Art Déco de l’Église Saint-Pierre-ès-Liens
(à découvrir au travers d'une exposition sur place) :

Les vitraux de l'abside ornent les trois ouvertures du chœur : leur disposition, dans l'axe central de l'édifice, souligne l’importance du message catéchistique, délivré grâce aux rayons de lumière. Les vitraux relèvent stylistiquement des prémices de l’Art Déco, en jouant avec la géométrie et le rythme par la couleur. Restaurés en 2000, ils rappellent la dédicace de l’église, en mettant en scène l’histoire de Saint-Pierre.

Le vitrail central relate l'emprisonnement suivi de la libération de l’Apôtre Pierre par un ange. Dans la partie inférieure, le cachot vide est encadré par deux soldats romains, endormis. Ce vitrail est commandé vers 1925 à Jean Gaudin et Louis Mazetier, qui en réalise le carton. Entre les deux panneaux figure un court texte, précisant que ce vitrail a été offert par le Comité Américain pour les Régions Dévastées, perpétuant le souvenir émouvant de l’action des bienfaitrices Anne Morgan et Anne Murray Dike.

Les deux vitraux latéraux ont été installés en 1937 et sont l’œuvre de M. Delange et R. Deprez.

Le vitrail latéral gauche illustre tout d’abord l’activité de Pierre comme pêcheur, dans l'accomplissement de son labeur quotidien, et sa vocation, appelé à suivre le Christ comme apôtre :

« Suis-moi, je te ferai pêcheur d'hommes ».

Le vitrail latéral droit représente le Christ, debout, confiant les clefs du Royaume des Cieux à Pierre, agenouillé, rappelant qu'il est institué premier Pape dans l'histoire de l’Église et bientôt Évêque de Rome : « Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux ».

Le vitrail du bras sud du transept, représentant le thème du Bon Pasteur, fut également réalisé par M. Delange et R. Deprez, cette fois-ci en 1938. Il fut installé en signe de reconnaissance des paroissiens blérancourtois à leur curé décédé, le Chanoine Léon Brulé, qui a exercé son ministère de 1890 à 1937. Résolument d’inspiration Art Déco, du graphisme se dégage une impression davantage contemporaine. Le Christ y est représenté avec un bâton pastoral en forme de croix : « Je suis le Bon Pasteur ».

Le chemin de croix, ou chemin de souffrance, sentier qui mena Jésus jusqu’au Golgotha, fut commandé dès 1925 par le curé de Blérancourt au peintre-verrier Jean Gaudin sur des modèles de Louis Mazetier.

La douzième station fut présentée dans le Pavillon des Vitraux de l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de cette même année.

Le chemin de croix est présenté sous forme de quatorze panneaux numérotés de I à XIV dans la nef de l’église, mesurant environ 120 cm de longueur, 88 cm de largeur et 37 cm de profondeur. Le support est un ciment sur lequel un fond ocre a été posé, et sur lequel se détachent les personnages en pied, qui sont soit exécutés en mosaïque arborant des tons beiges, ocre, beige, bleu, rouge, or, soit en ciment coloré. Les tesselles de verres forment les lignes épurées des acteurs. Les inscriptions sont incrustées dans le support.

Le tracé épuré des lignes accentue admirablement l’atmosphère de chaque station : moins est le mieux, ce qui tend à renforcer le côté dramatique des évènements et la solitude spirituelle du Christ lors de son cheminement. La couleur joue le rôle de capteur de lumière et insiste sur l’action, le trait ou le comportement du personnage.

Les panneaux IX et XIV sont signés « Gaudin - Paris » en bas à gauche sur une petite plaque de métal blanche.

Les éléments Art Déco se retrouvent nettement dans la stylisation des corps, les objets parfois disproportionnés comme la croix, les drapés également très larges ainsi que la précision des fragments de mosaïques.

Le 28 avril 2003, le chemin de croix a été inscrit au titre d'objet des Monuments Historiques.

Dans la partie droite, un berger avec sa crosse conduit un troupeau - ce qui illustre la tâche pastorale du prêtre : « Je connais mes brebis ».